Le Vintage 5080 : Un voyage gourmand… dans le temps!
Portrait et histoireRestaurant en vedette
Depuis 2014, le programme Aliments du Québec au menu rassemble des restaurants qui privilégient les ingrédients locaux et valorisent les producteurs québécois. En célébration au 10e anniversaire du programme, plongez dans des histoires captivantes de restaurateurs et savourez la gourmandise locale qui les anime.
Bienvenue au Vintage 5080 situé à Sherbrooke, qui se définit comme un fast food de luxe où les aliments d’ici rencontrent l’ambiance électrisante des années 50 à 80. Burgers artisanaux, poutines décadentes, milkshakes originaux : on savoure tout ça dans un décor à la fois coloré et nostalgique ou sur leur terrasse donnant sur la rivière Magog lors d’une belle journée d’été. Imaginez un jukebox en marche, de la bonne musique, des soirées karaoké et même de la danse… On se croirait tout droit sorti du film Retour vers le futur ou Brillantine! Derrière ce concept unique et audacieux, on retrouve un duo passionné et visionnaire : Marie-Claude Matte et Bernard Beaulieu.
Dans cette entrevue, Marie-Claude nous raconte avec enthousiasme l’histoire du restaurant et la mission locale qui la guide.
Racontez-nous votre passion pour la cuisine et comment est né le restaurant.
Depuis toujours, la cuisine me passionne. Toute jeune, je travaillais dans un casse-croûte, puis dans une pâtisserie, et je passais mes temps libres à cuisiner. Juste avant d’ouvrir Le Vintage 5080, j’ai eu la chance de côtoyer un chef renommé pendant quelques mois — une expérience déterminante. Le rêve d’ouvrir mon propre restaurant m’habitait depuis longtemps. Pour me donner les outils nécessaires, je me suis inscrite au programme de Gestion de cuisine à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), où j’ai pu acquérir de bonnes bases.
Avec mon conjoint Bernard, on a monté le projet du restaurant en voulant créer un fast-food de luxe inspiré de la cuisine québécoise. Très vite, on s’est donné comme mission d’utiliser uniquement des produits d’ici. Chaque nouveau plat est pensé dans cette optique. Bien sûr, on ne cultive pas de café ou de vanille au Québec, mais pour ces types d’ingrédients, on encourage le savoir-faire d’ici en optant pour des entreprises québécoises. Le Vintage 5080 a ouvert ses portes en mai 2022.
Qu’est-ce qui vous motive le plus dans le milieu de la restauration ?
Faire plaisir aux clients. Voir quelqu’un quitter avec un grand sourire, nous disant qu’il a vécu un moment unique, c’est le plus beau cadeau. Ça efface la fatigue et les petits tracas. On est aussi stimulés par la création de plats uniques. Comme notre mini-burger d’autruche, issu d’une ferme de Saint-Eustache, posé sur un pain aux betteraves préparé par une boulangerie de Windsor, nappé d’un fromage aux épices Coaticook, accompagné d’une confiture d’oignons et canneberges de Le Petit Chaperon Rouge, relevé d’une sauce BBQ maison, le tout sublimé par des pommes de Verger Le Gros Pierre et un mesclun frais. Une explosion de saveurs locales à chaque bouchée !
« Depuis nos débuts, on fait beaucoup d’éducation pour démontrer que plus on encourage les produits d’ici, plus on contribue à rendre ces options accessibles et abordables. »
– Marie-Claude Matte, copropriétaire du Vintage 5080
Quel est le plus grand risque que vous avez pris en cuisine ?
Sans doute notre choix de nous positionner majoritairement sur les produits québécois. On entend encore souvent que c’est plus cher, mais avec un peu d’analyse, on réalise que ce n’est pas nécessairement le cas. Depuis nos débuts, on fait beaucoup d’éducation pour démontrer que plus on encourage les produits d’ici, plus on contribue à rendre ces options accessibles et abordables.
Quels avantages voyez-vous à soutenir les producteurs locaux ?
Aujourd’hui, les gens apprécient vraiment qu’on mise sur le local — ce qui n’était pas toujours le cas auparavant. Le grand avantage selon moi, c’est l’impact direct sur notre économie : en soutenant les producteurs d’ici, on les aide à croître et, à terme, à offrir de meilleurs prix. Bref, plus on achète local, plus tout le monde y gagne.
Comment communiquez-vous l’origine québécoise des produits à vos clients ?
Quand un client entre chez nous, on aime leur parler de notre engagement envers les produits d’ici. On prend plaisir à leur faire découvrir des aliments de la région estrienne, comme les saucisses de Les gars de saucisse de Windsor dans nos hot dogs steamés ou encore le cola Bull’s Head, fabriqué à Richmond. Les fournisseurs sont aussi indiqués sur notre menu. On veut que notre clientèle fasse passer le mot et nous associe naturellement à ce mouvement local.
Quels défis rencontrez-vous avec l’usage exclusif ou principal de produits québécois ?
L’approvisionnement hivernal en fruits et légumes reste un enjeu. Pour y faire face, on anticipe en commandant de plus grandes quantités à l’automne (pommes, poires, fraises) que l’on conserve par congélation. On constate aussi une belle évolution avec le développement de la culture en serre au Québec pour diversifier l’offre durant la saison froide, ce qui est très encourageant.
« On constate une belle évolution avec le développement de la culture en serre au Québec pour diversifier l’offre durant la saison froide, ce qui est très encourageant. »
– Marie-Claude Matte, copropriétaire du Vintage 5080
Un aliment du Québec dont vous ne pourriez jamais vous passer ?
Nos excellents fromages québécois, qui sont à la base de la plupart de nos plats.
Un aliment québécois qui mériterait plus de reconnaissance selon vous ?
Les alcools et vins du Québec. On parle souvent des gins et des bières de microbrasseries, mais l’offre va bien au-delà. On utilise d’ailleurs certains de ces produits dans nos recettes — comme notre galette de Mac and Cheese à la vodka québécoise — en plus de les servir en accompagnement ou en superbes cocktails.
« En lançant le Vintage 5080, on est partis du principe que tout est possible tant que l’on ne sait pas que c’est impossible. »
– Marie-Claude Matte, copropriétaire du Vintage 5080
Votre plat préféré sur votre menu ?
Notre burger Obélix est un vrai régal local. Préparé avec de la viande de sanglier provenant d’une ferme de Sainte-Camille, il est servi sur un pain moelleux d’une boulangerie de Windsor, garni de cheddar de Coaticook, de poires sucrées d’un verger de Compton, d’oignons caramélisés, de mesclun croquant et d’une onctueuse mayo à la stout d’une microbrasserie de Coaticook, le tout accompagné de délicieuses frites d’une ferme de Compton. Un burger pas trop gros, juste un peu enveloppé — clin d’œil au nom du plat. 😉
Quel conseil donneriez-vous à la relève ?
« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Cette célèbre citation de Mark Twain résume bien notre approche. En lançant le Vintage 5080, on est partis du principe que tout est possible tant que l’on ne sait pas que c’est impossible. On a volontairement mis de côté plusieurs conseils pour suivre une vision qui nous ressemblait — personnelle, réfléchie et pleinement assumée.
Un fait insolite sur l’équipe ou le restaurant ?
Beaucoup d’artistes parmi notre équipe! On organise des spectacles musicaux thématiques : vintage, crooner, chanson française, années 70, etc.
Quels sont vos projets pour l’avenir ?
On aurait bien aimé franchiser le Vintage 5080, mais on se demande si ce concept, qui demande beaucoup de recherche et d’ajustements constants, peut être facilement repris par d’autres. Sinon, notre ambition est de faire du Vintage une icône locale et provinciale, reconnue dans notre milieu, et de laisser un héritage tangible.
10e anniversaire pour Aliments du Québec au menu
En 2014, Aliments du Québec a lancé le programme Aliments du Québec au menu pour encourager les restaurants à s’approvisionner localement et aider les consommateurs à repérer facilement les établissements qui valorisent les produits québécois à leur menu. À ce jour, ce sont plus de 900 restaurants à travers le Québec qui cuisinent majoritairement avec des aliments d’ici.